On a l’habitude de rentrer à l’extérieur, au-dehors : on rentre au pays, à l’école, au travail, dans sa maison, dans sa chambre… On peut aussi, au figuré, rentrer dans les ordres, rentrer dans le rang, rentrer dans les détails… Mais rentrer à l’intérieur, est-ce bien un mouvement qui nous est familier?
Pourtant, rentrer c’est bien, selon la définition officielle, « pénétrer à nouveau dans un lieu d'où on est sorti ».
Alors, rentrer en Soi, c’est revenir là en un lieu d’où l’on est sorti. On en est sorti pourquoi? Parce qu’on pensait peut-être que tout se passait au-dehors. Ou qu’au-dehors c’était mieux, plus excitant, plus intéressant. On a déserté notre intérieur, notre Maison du dedans. Vraiment? Non. On l’a déserté en conscience, car il ne s’agit pas ici d’un lieu physique dans lequel on entre par une porte visible. Il s’agit d’un lieu en conscience où l’on entre par la porte de la conscience. Il faut être conscient de cet intérieur pour y être.
Plus, il faut être conscient de cette identité véritable qui nous permet d’y accéder, la reconnaître, car là est la porte. Yeshoua nous l’a révélé : « JE suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir… il trouvera des pâturages. » (Jean 10:9)
JE, est la porte. Quand on passe par la porte du sens limité et erroné de « je », nous nous trompons de porte. Cette porte ouvre sur un monde conceptuel, tout comme la porte elle-même qui est un concept, une fausse représentation de soi. Mais ce JE dont il est question ici dans la déclaration de Yeshoua, ce n’est pas un concept : « JE suis la Vie », a-t-il dit aussi. Cette porte ouvre donc sur la Vie! Et c’est ça qui nous sauve, parce que dans le monde de concepts, on n’était pas vraiment dans la vie.
Et il nous dit aussi que nous trouverons, en passant par cette porte, de quoi nous nourrir. On a l’habitude d’entrer à l’épicerie quand on veut de la nourriture ou d’entrer dans notre imagination quand on veut s’évader. Mais, avons-nous l’habitude d’entrer, là où nous allons vraiment trouver de quoi nous nourrir? Si nous n’y allons pas, c’est comme si nous ne mangions pas. Et nous devenons affamés, nous avons l’impression qu’il nous manque quelque chose, nous devenons las, fatigués, épuisés. C’est un signe qu’il est temps de rentrer à la Maison, de rentrer en Soi. N’est-ce pas?
Comment fait-on? « Va, mon peuple, rentre chez toi, Et ferme la porte derrière toi; cache-toi pour quelques instants, Jusqu'à ce que la colère soit passée. » (Ésaïe 26:20)
« Mais toi, quand tu pries, entre dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:6)
On entre au-dedans et on ferme la porte. Quelle porte? La porte des concepts sur soi, sur les autres, et sur le monde. La porte des images qui nous sont présentées et qui traduisent ces concepts. On oublie ce monde pour un moment, car on veut la Vie, pas des idées sur la vie! Alors, on se détourne consciemment de tous ces concepts, on entre par la porte qui ouvre vers l’intérieur et on reste là, tranquille, dans une conscience confiante et vigilante, sachant que là, on sera sauvé… la colère va passer, la douleur va passer, l’amertume va passer… Et on sera nourri… le contentement, la paix, la joie, le rassasiement des profondeurs viendront et des pâturages nouveaux, des horizons nouveaux nous seront révélés.
De Grâce, apprenons à rentrer à l’intérieur! La porte est toujours là, car JE est là, au milieu de nous… Et apprenons aussi à y rester, car c’est à partir de là que tout rentre dans l’Ordre dans nos vies.
Marie-France Côté
