mardi 31 mai 2022

Être en vacance...


 

Nous vivons dans un monde où tout est segmenté, compartimenté : un temps pour être occupé, affairé, l’agenda bien rempli, la tête, surtout, toujours remplie de ce qui a été, de ce qui aurait dû tourner de telle ou telle façon, mais n’a pas tourné ainsi, de ce qui devrait tourner de telle ou telle façon dans le futur, mais dont nous ne connaissons pas l’issue.  Et ça nous préoccupe. Donc, un temps pour être rempli de soucis, d’appréhensions, de projections, de regrets ou de peurs et… un temps pour les vacances. 

Dans ces fameuses vacances nous espérons pouvoir souffler, être tranquille, nous espérons que les choses tournent de telle ou telle façon et nous sommes évidemment déçus si ça ne se déroule pas comme nous l’avions prévu. Nous avons gardé notre agenda, nous ne sommes pas en vacances. Nous avons une idée de ce que devraient être les vacances. Nous nous sommes accroché encore une fois à une idée, alors que pendant les vacances nous tentons précisément de « décrocher ». Mais décrocher de quoi? 

Qu’est-ce qu’être en vacances? Se retrouver dans un lieu différent de notre lieu de vie habituel, loin de nos tracas et occupations quotidiennes. Ah, nous voulons prendre un recul, nous éloigner, mais nous éloigner de quoi? Du mobilier? Non, sûrement pas. Ne voulons-nous pas plutôt nous éloigner de cet état d’esprit de tous les jours? Est-ce qu’un lieu fera cela? Peut-être qu’en étant plongé dans la nature ou dans un tout nouveau contexte rempli de beautés à découvrir, à contempler cela va nous aider à nous ramener à un état de plus grande disponibilité intérieure. Peut-être, mais il n’y a pas de garantie. Et ce n’est que très temporaire, aussitôt que nous sommes ramenés à notre « réalité » de tous les jours, l’encombrement mental qui vient avec reprend du service.

Si « décrocher » veut dire raccrocher aussitôt les vacances terminées, à quoi bon? Et si, plutôt que d’essayer tant bien que mal de décrocher durant les vacances, nous tentions plutôt de faire en sorte de ne pas « accrocher » à longueur d’année, nous nous éviterions ce besoin impérieux et répétitif de « décrocher ». Mais décrocher de quoi au juste? À quoi nous accrochons-nous au fait pour tant vouloir en décrocher? 

Il y a une page blanche, puis il y a des mots, des tonnes de mots qui remplissent la page. On s’accroche aux mots… Et qui voit la page blanche? Dans nos vies, on s’accroche aux images, aux sensations, aux sons, aux saveurs, aux pensées, aux regards des autres sur nous, aux paroles des autres, à nos idées, opinions… mais qui voit la trame de fond? Qui « voit » la Vie, l’Essence, Ce qui anime? Qui voit à travers les mots et les maux du monde… Qui voit la Vie, libre, accrochée à rien, soumise à rien. 

Est-ce que je me reconnais de cette Vie ou je m’accroche à tout ce qui va et vient, à tout ce va-et-vient des surfaces. 

Et si à mon agenda de tous les jours, il y avait ce regard sur la page blanche. Et si je laissais davantage carte blanche au Divin, à la Vie Elle-même pour dessiner mes jours. À quoi suis-accroché alors? À la Vie Elle-même. Et ai-je besoin d’en décrocher? Non… Il fait bon de s’y accrocher vivement, passionnément, amoureusement, chérir le silence entre les mots, la vie derrière les images… Et ainsi retrouver l’Esprit vacant qui est le mien et, à partir de cette vacance, la Vie, telle qu’elle est vraiment, se déploie. 

Être soi-même vacance plutôt qu’attendre inlassablement les vacances…


Marie-France Côté

dimanche 1 mai 2022

La Source de Vie


 

Vous avez certainement déjà vécu des moments où vous vous sentiez à plat, sans énergie, sans espoir, avec le sentiment que vous êtes dans une impasse, qu’il n’y a pas d’issue, qu’il n’y a pas de sens à votre vie. Et puis… un relèvement s’est produit. Peut-être vous êtes-vous tourné au-dedans, à bout de moyens extérieurs. Peut-être avez-vous demandé de l’aide à quelqu’un dont la conscience était établie dans la Présence. Et puis, soudainement ou graduellement, une vie nouvelle, une régénération, une éclaircie, une paix, un soulagement, une libération est venue, a pris place en vous. 

Qu’est-ce qui nous fait nous relever? D’où est venue cette vie nouvelle, ce regard nouveau, ce jour nouveau qui s’est levé en nous? C’est bien de l’intérieur que c’est venu. Mais d’où? D’où cela a-t-il surgit? D’où vient cette source d’eau qui a jaillit dans le désert de notre désespoir :

« Alors le boiteux sautera comme un cerf, Et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude. »(Ésaïe 35:6)

Cette Eau de Vie, d’où prend-elle sa source? Tel un geyser à la surface de la terre qui jaillit de profondeurs insoupçonnées, la Source de cette vie renouvelée, de ces forces renouvelées, de cet espoir renouvelé nous ne la voyons pas… du moins, pas avec nos yeux physiques. Mais elle est assurément là, puisque ses effets sont indéniables. 

Heureux celui qui reconnaît cette Source sans l’avoir vu. Et comblé celui qui ne veut boire que de cette eau et la « voit » s’écouler en Lui. 

« Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein. » (Jean 7:38)

Et cette vie qui fait surgir la tige de la terre. On dit, « ça pousse » … Mais qu’est-ce qui pousse? D’où vient cette force, cette énergie, cette poussée? Et nous, ce qui nous pousse hors de la terre de nos noirceurs, qu’est-ce que c’est?

Et cette pousse que nous sommes, qui s’élève, quels fruits lui sont destinés? 

« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi; contre de telles choses, il n’y a pas de loi. » (Galates 5:22-23)

D’où vient cette force de jaillissement? Ça ne vient pas à nous de l’extérieur, ça sort du dedans…

Qu’est-ce qui jaillit? Se dresse, surgit? Se manifeste? S’exprime?

Qu’est-ce qui sort, fuse, éclate et se répand?

Qu’est-ce qui pousse? 

Qu’est-ce qui nous fait nous relever? Resurgir de nos cendres quand nous croyons être à bout de forces, de ressources, d’énergie?

« L'Éternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, Et il redonnera de la vigueur à tes membres; Tu seras comme un jardin arrosé, Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. » (Ésaïe 58:11)

La Grâce est là, elle s'écoule en chacun, mais qui le réalise? Qui se tourne vers cette Source invisible de toute vie? Qui, plutôt que se centrer sur tout ce qui passe, demeure dans ce qui reste? Qui, devant toutes les apparences, peut reconnaître leur néant? Qui peut reconnaître la croyance universellement admise en une vie séparée de sa Source – de Dieu – comme la base de toutes ces apparences? Une base sans fondement. Qui peut reconnaître qu'il n'y a rien d’autre à lui-même que Dieu? Serons-nous celui-là?

Un avec Dieu est la majorité... car il n'y a que cela qui EST.

À celui qui reconnaît cela jour après jour… c’est un torrent qui s’écoulera de lui… Il y aura surabondance des fruits de l’Esprit. Et du puits profond de cette conscience de notre unité reconnue et vécue, s’écoulera une source de vie éternelle. La vie en plénitude, non pas cette apparence de vie, limitée de toutes parts. 

 « Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4:14)


Marie-France Côté


La rentrée... mais où?

  On a l’habitude de rentrer à l’extérieur, au-dehors : on rentre au pays, à l’école, au travail, dans sa maison, dans sa chambre…  On peut ...